En bref — Tu as repris tout ton poids et tu ne sais plus quoi faire ? Voici un plan bienveillant et concret pour repartir sans régime, dès cette semaine.

j'ai repris tout mon poids que faire Image : with wind — Openverse (by)

En bref — Reprendre du poids après un régime, c'est le scénario le plus fréquent qui soit — pas un manque de volonté. Le plan pour s'en sortir, c'est de ne surtout pas repartir en restriction, mais de retrouver 2 ou 3 habitudes simples, ancrées dans ta vraie vie péi.


Tu t'es regardé·e dans le miroir ce matin, ou tu t'es pesé·e, et le chiffre t'a serré le ventre. Tout ce que tu avais perdu, tu l'as repris. Peut-être même un peu plus. Et là, la tête part dans tous les sens : est-ce que je recommence le même régime ? Est-ce que j'arrête complètement ? Est-ce que je suis foutu·e ?

Souffle. Lé pa la course — c'est pas la course.

Ce que tu vis, c'est ce que vivent des milliers de personnes après un régime. Pas parce qu'elles manquent de volonté. Parce que le système a été mal fichu dès le départ. Et la bonne nouvelle, c'est qu'on peut repartir autrement, sans se punir, sans se priver, et sans recommencer le même cycle.

Voilà le plan.


Est-ce grave d'avoir tout repris ?

Non. Et ce n'est pas une formule pour te faire du bien — c'est la réalité.

La reprise de poids après un régime restrictif est le résultat le plus courant, documenté, prévisible. Ce n'est pas toi qui as échoué. C'est le régime qui n'était pas adapté à tenir sur la durée. Ton corps a fait exactement ce qu'il était programmé pour faire : récupérer ce qu'il avait perdu, parce qu'il avait vécu la restriction comme une menace.

Ce n'est pas un manque de discipline. Ce n'est pas parce que tu as mangé le cari de ta maman le dimanche. C'est de la biologie.

Ce qui compte maintenant, c'est ce que tu fais de ce moment. Pas pour effacer le passé, mais pour construire quelque chose qui tient vraiment cette fois. Quelque chose qui ressemble à ta vie — ta cuisine, tes repas de famille, ton rythme péi.

Si tu veux comprendre l'ampleur du phénomène à La Réunion, jette un œil aux chiffres du surpoids à La Réunion — tu verras que tu n'es vraiment pas seul·e.


Pourquoi recommencer le même régime est la pire idée

C'est tentant. Tu te dis : « J'avais perdu du poids avec, donc si je m'y tiens mieux cette fois… »

Le problème, c'est que ce raisonnement ignore ce qui s'est passé en trois temps.

Temps 1 — La restriction. Tu coupes les glucides, le riz, le pain, les sauces. Tu manges moins que ce dont ton corps a besoin. Tu perds du poids, oui. Mais ton métabolisme ralentit pour s'adapter, et ta tête commence à fantasmer sur tout ce que tu ne manges pas.

Temps 2 — Le craquage. Après des semaines (ou des mois) de frustration, un repas de famille, un soir de fatigue, et tout s'effondre. Pas parce que tu es faible. Parce qu'un régime trop restrictif est biologiquement insoutenable.

Temps 3 — La reprise accélérée. Ton corps, qui avait ralenti son métabolisme, stocke maintenant plus efficacement qu'avant. Tu reprends le poids perdu, parfois plus. Et le cycle recommence.

Repartir sur le même régime, c'est s'inscrire pour le même tour de manège. Ce dont tu as besoin, c'est d'une sortie du manège — pas d'un autre tour.


Par quoi commencer cette semaine ? 5 actions concrètes

Pas besoin de tout changer d'un coup. Voici cinq actions classées de la plus facile à tenir à la plus exigeante. Commence par la première. Ajoute la deuxième quand la première tient.

1. Remange normalement pendant 3 jours. Avant toute chose, arrête les restrictions immédiates. Mange tes repas habituels, sans te juger, sans compter. L'objectif, c'est de sortir du mode « urgence alimentaire » et de retrouver un rapport calme à la nourriture. Ton corps a besoin de sentir qu'il n'est plus en danger avant de coopérer.

2. Réintroduis les légumes pays à chaque repas. Pas pour « compenser ». Juste parce que les brèdes, les chouchous, les haricots verts du marché de Saint-Paul ou de Saint-Pierre, ça cale, ça nourrit, et ça fait du bien. Un demi-assiette de légumes à chaque repas, c'est simple et ça ne ressemble pas à un régime.

3. Bois de l'eau avant de manger. Un grand verre d'eau avant chaque repas. C'est petit, c'est gratuit, et ça aide à mieux sentir ta faim réelle. Pas pour manger moins par punition — pour manger à ta vraie faim.

4. Remets une activité physique légère, 3 fois dans la semaine. Pas la salle de sport à 5h du matin. Une marche de 30 minutes le soir dans ton quartier, un tour au bord de lagon si tu es côte, ou une randonnée tranquille le week-end. Bouger, c'est un allié — pas une punition. Si tu veux des idées d'activités adaptées à La Réunion, Kaz Sport peut t'aider à trouver ce qui te correspond.

5. Commence à observer ce que tu manges, sans juger. Pas compter obsessionnellement. Observer. Qu'est-ce que tu manges le soir quand tu es fatigué·e ? Qu'est-ce qui te fait grignoter ? L'app Dodo Kal est parfaite pour ça : elle a les fiches des plats créoles réunionnais, donc tu pars sur des bases qui correspondent à ce qu'on mange vraiment ici, pas sur des bases parisiennes déconnectées.


Quelles habitudes garder de la période où ça marchait ?

Même si tu as tout repris, la période où tu perdais du poids n'était pas un échec total. Il y avait des choses qui fonctionnaient — des habitudes, des réflexes, des moments. Le travail maintenant, c'est de les identifier pour les garder, sans ramener tout le reste.

Pose-toi ces trois questions :

Qu'est-ce que je mangeais différemment ? Pas « qu'est-ce que j'interdisais », mais qu'est-ce que tu ajoutais ou préparais autrement. Tu cuisinais plus à la maison ? Tu prenais un vrai petit-déjeuner ? Tu évitais les grignotages du soir ?

Qu'est-ce que je faisais physiquement ? Une marche régulière ? Les escaliers plutôt que l'ascenseur ? Un sport que tu aimais bien ?

Qu'est-ce qui m'avait aidé à tenir ? Une application, un suivi, un proche qui t'encourageait, un planning de repas le dimanche soir ?

Identifie 2 ou 3 réponses concrètes. Ce sont tes leviers personnels. Pas ceux d'un programme générique — les tiens. Réintroduis-les en premier, avant d'ajouter quoi que ce soit d'autre.

C'est ça, l'approche ti pa ti pa — petit à petit. Pas tout d'un coup, pas parfaitement. Juste les bonnes choses, dans le bon ordre.


Comment sortir de la culpabilité alimentaire ?

La culpabilité, c'est le piège le plus vicieux du cycle yoyo. Elle ne t'aide pas à avancer — elle te paralyse, ou pire, elle te pousse à manger encore plus pour compenser le stress qu'elle génère.

Voici trois recadrages concrets pour t'en sortir.

Recadrage 1 : un repas ne définit pas une tendance. Tu as mangé un gros cari boucané le dimanche, avec du riz et une bière. Ce n'est pas ce repas qui fait la différence sur ta santé. C'est ce que tu fais les 20 autres repas de la semaine. Un repas de famille, ça se savoure — pas ça se regrette.

Recadrage 2 : la honte ne maigrit pas. Se sentir nul·le après avoir mangé quelque chose n'a jamais fait perdre un gramme à personne. Par contre, ça augmente le stress, et le stress favorise le stockage. Couper le circuit de la honte, c'est déjà un acte concret pour ton corps.

Recadrage 3 : tu n'as pas « tout raté », tu as des données. La reprise de poids, c'est une information. Elle te dit que la méthode précédente n'était pas la bonne pour toi sur le long terme. Pas que tu es incapable. Juste que tu as besoin d'une autre approche — et c'est exactement ce que tu es en train de chercher.

Si tu veux aller plus loin sur ce rapport à la culpabilité alimentaire, le concept Dodo Kal est construit autour de cette philosophie : anti-régime, anti-culpabilisation, pro-régularité.


Quand se faire accompagner, et ce que ça change vraiment

Il y a des moments où avancer seul·e, c'est possible. Et des moments où un accompagnement professionnel change vraiment la donne.

Tu peux envisager de consulter un·e diététicien·ne ou un·e médecin si :

  • Tu as repris du poids plusieurs fois de suite avec le même schéma, et tu sens que tu tournes en rond.
  • Tu as une pathologie associée (diabète, hypertension, problèmes hormonaux) — dans ce cas, ne fais pas de modifications alimentaires importantes sans avis médical.
  • Tu ressens une relation très difficile à la nourriture, des épisodes de compulsions, ou une grande détresse émotionnelle autour de l'alimentation.

Un·e diététicien·ne, ce n'est pas quelqu'un qui te donne une liste d'aliments interdits. Un bon accompagnement, c'est quelqu'un qui t'aide à construire des habitudes adaptées à ta vie réelle — ton travail, ta famille, tes repas du dimanche. À La Réunion, des professionnel·les connaissent la cuisine créole et peuvent t'accompagner sans te demander de manger des trucs qui n'ont rien à voir avec ce qu'on mange ici.

Ce n'est pas un aveu d'échec de demander de l'aide. C'est exactement l'inverse.


Reprendre en main son alimentation après une reprise de poids, ça ne commence pas par un régime. Ça commence par un regard honnête et bienveillant sur ce qui s'est passé, et par deux ou trois petits gestes concrets dès cette semaine.

Tu n'as pas à effacer le passé. Tu as juste à choisir ce que tu fais maintenant.

Ti pa ti pa — et ça suffit pour commencer.


Concept Minceur est un site créé par le studio Sébastien de Bollivier, engagé pour une minceur péi bienveillante et durable.